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(coordonnée par Frédéric Gabriel)
Cette
édition est réalisée au sein de l’UMR 5037 du CNRS (Institut d’Histoire
de la Pensée Classique – CERPHI, ENS-LSH, Lyon) et fait partie du pôle
« De la Renaissance aux Lumières : éditions critiques » (coordonné par
Catherine Volpilhac-Auger et Antony McKenna) du « Cluster 13 ».
Présentation publiée dans Bruniana et Campanelliana, anno XI, 2, 2005, p. 277-279. Il
n’existe aujourd’hui aucune monographie en langue française entièrement
consacrée à Gabriel Naudé. Principalement réhabilité par René Pintard,
il n’a pas encore bénéficié d’éditions dignes de ce nom dans son pays
d’origine, même si un louable effort a contribué à le faire connaître
d’un large public. Le secrétaire-bibliothécaire de Guido di Bagni et de
Mazarin reste beaucoup plus connu en Italie (sa seconde patrie),
notamment grâce aux travaux de Lorenzo Bianchi, Domenico Bosco et
Anna-Lisa Schino. Il a donc semblé souhaitable de mettre en route la
première édition critique intégrale de son œuvre, qui, plus qu’un seul
auteur, éclaire tout un milieu intellectuel et une époque. L’équipe
constituée pour l’occasion, dans le cadre du CERPHI (Centre d’étude sur
la rhétorique, la philosophie et l’histoire des idées – ENS-LSH) réunit
à la fois des historiens, des littéraires, des bibliographes, des
philosophes et des philologues. Elle fédère une quarantaine de
chercheurs, et elle a été résolument constituée avec le souci de
prendre en compte tous les aspects de l’œuvre. L’ensemble devrait
comporter une vingtaine de volumes environ. Une édition électronique de
l’œuvre est à l’étude. Les
textes originaux seront reproduits à l’identique (sans ‘modernisation’
du texte), et leurs parties en langues étrangères traduites en
français. Ils seront accompagnés des outils critiques indispensables
(variantes, notes critiques et bibliographiques, différents index,
etc.), ainsi que des divers documents rares susceptibles de les
éclairer, et d’illustrer le vaste domaine d’activité de Naudé, qui
s’étend à de nombreuses disciplines. Un volume devrait ainsi réunir les
introductions que Naudé a placées en tête de ses éditions de textes,
qui témoignent d’un aspect peu étudié de son activité d’érudit
bibliothécaire : par ce moyen, il transmit des auteurs aussi
importants que l’Arétin, Campanella, Cardan, Jean Riolan, Matteo Valli,
Adam Blackwood, Rorarius ou Agostino Nifo. À chaque fois, le choix de
ces auteurs et de leurs textes renvoie à une recherche et à des raisons
précises, à la découverte d’un manuscrit, à une relation avec l’auteur,
etc. : ces éditions font partie intégrante de son œuvre . Tenir
compte du contexte reviendra, le cas échéant, à inclure les éléments
apportés par sa circulation et ses rééditions, souvent significatives.
Le cas de la Bibliographia politica est l’un des plus exemplaires.
Éditée à Venise en 1633, elle reparaît à Wittenberg en 1641 « E Museo
Augusti Buchneri » , augmentée de pièces annexes, dont une lettre de
Grotius, que l’on retrouve dans l’édition de Leyde en 1642, date de la
traduction française de l’ouvrage publiée à Paris par Charles Challine
(conseiller au présidial de Chartres). Cette édition parisienne ajoute
encore des pièces, dont une lettre d’Ignace Haniel. La version latine
est rééditée en 1645 dans un volume collectif : H. Grotii et aliorum
Dissertationes de Studiis instituendis (Amsterdam, 1645, pp. 7-73), en
compagnie du De syntagma de studio liberali du même Naudé, et de
nombreux auteurs dont certains se trouvaient dans les versions
précédentes séparées de la Bibliographia. On retrouve la version latine
en 1663 à Helmstedt, publiée par le fameux juriste Hermann Conring,
conjointement à un ouvrage de Gaspard Scoppius : Paedia politices. Les
annexes des éditions latines et française précédentes sont reprises et
à nouveau augmentées . Après la réédition de cette version à Francfort
en 1673, le texte latin paraît dans un nouveau pays. Il est présenté en
complément à la réédition d’un livre souvent remodelé et augmenté –
depuis 1625 – de Degory Whear (1573-1647), Relectiones hyemales de
ratione & methodo legendi utrasque historias … (Cambridge, 1684, pp
; 225-292), héritier du célèbre historien William Camden. Après les
perspectives politiques et historiques, c’est dans une visée
pédagogique que la Bibliographia de Naudé se trouve compilée par Thomas
Crenius, à côté d’autres ouvrages de l’Arétin, de Grotius, Érasme,
Scoppius, etc. Dans ces Consilia et methodi aureae studiorum optime
instituendorum … (Rotterdam, 1692), Naudé est pour la première fois
annoté. En 1712, une autre édition vient compléter les modalités fort
variées d’apparition de ce texte : dans la Bibliographia politica &
Arcana status, cum notis observationibus literario-criticis … Auctore
M. Gladovio … (Halle, 1712), on trouve en deuxième partie une
traduction latine des Considérations politiques sur les coups d’État
(1639) . Gladovius connaît d’ailleurs les éditions précédentes de 1641,
1663 et 1684. Mais la Bibliographia politica de Naudé ne circule pas
seulement sous sa forme intégrale. Elle est par exemple utilisée sous
la forme d’un judicium dans le Johannis Bodini De republica librorum
breviarium … (Amsterdam, 1645, f. 9 v°) édité par Johann Angelus
Werdenhagen (1581-1652), auteur d’une Universalis introductio in omnes
respublicas sive politica generalis (Amsterdam, 1632). Lorsque
L’Escalopier de Nourart édite un résumé français du De republica de
Bodin, il fait référence conjointement à Naudé et Werdenhagen .
L’étude, en cours, de toutes ces versions, comme autant de modalités de
lecture, tiendra une place non négligeable dans l’édition critique de
la Bibliographia politica. Il
s’agit en effet de cerner toutes les dimensions de chaque œuvre avec la
plus grande précision : réseaux intellectuels, contextes de la
recherche et de la rédaction, mécènes, imprimeurs, réception, etc.
Cette perspective de la transmission et des relations érudites est
particulièrement importante pour cet auteur qui a été en contact
constant avec de nombreux personnages, d’autant que cette édition
entend dépasser l’œuvre et le rôle du seul Naudé. En effet, celui-ci
fait partie de ces personnes qui sont aussi précieuses par leur œuvre
que par leurs rapports avec de nombreux érudits, et les rencontres
qu’ils ont provoquées. Rappelons ses échanges avec Gassendi, Mersenne,
les frères Dupuy, Peiresc, La Mothe le Vayer, Jacques Gaffarel, avec
les érudits et philosophes d’Italie (Cesare Cremonini, Leone Allacci,
Fortunio Liceti, Giovanni Battista Doni, Paolo Zacchia, Scipione
Chiaramonti, Jean-Jacques Bouchard), ou avec le milieu médical parisien
(René Moreau, Jacques Mentel, Guy Patin). Le Gabrielis Naudaei Tumulus
édité par Louis Jacob (Paris, 1659) témoigne du nombre et de
l’importance de ce réseau de connaissances . Le but est autant d’éditer
les textes de Naudé, que d’éclairer le très riche milieu dans lequel il
évolue, comme le montrent les jeux de dédicace, la pratique de
l’ex-dono, et la correspondance. La partie la plus difficile de cette
entreprise consiste à publier intégralement la correspondance active et
(si possible) passive de Naudé, dont il n’existe à ce jour aucun
inventaire.
Composition du comité scientifique :
Lorenzo Bianchi Istituto universitario orientale de Naples Domenico Bosco Universités de Milan Benjamin Bouchard E.N.S. Ulm Claudio Buccolini Université La Sapienza, Rome Emmanuel Bury Université de Versailles – I.U.F. Caroline Callard Université Paris-IV Sorbonne Hubert Carrier Université de Tours – C.E.S.R. Jean Céard Université de Paris X Thomas Cerbu University of Georgia, U.S.A. Françoise Charles-Daubert CERPHI Emanuele Coccia Université de Florence – EHESS Isabelle de Conihout bibliothèque Mazarine Giorgia Costanzo Università di Catania Jean-Charles Darmon Université de Versailles – I.U.F. Jérôme Delatour Bibliothèque de l’INHA Alain Dubois Ecole des Chartes Germana Ernst Université de Rome III Marta Fattori Université La Sapienza, Rome François Fabre Paris Federica Favino Villa I Tatti, Florence Giuliano Ferretti Université de Grenoble Frédéric Gabriel CNRS, CERPHI Sébastien Galland CERPHI ; SIER Stéphane Garcia Genève Pierre Gasnault Ancien directeur de la bibliothèque Mazarine Sophie Gouverneur CERPHI Richard Hodgson University of British Columbia, Vancouver, Canada Pascale Hummel Paris Laure Jestaz Ecole des Chartes Christian Jouhaud EHESS Didier Kahn CNRS Michel-Pierre Lerner CNRS Filippo del Lucchese Université de Pise Pierre-François Moreau ENS-LSH, CERPHI Isabelle Moreau Université de Londres – CERPHI Alain Mothu CNRS Colette Nativel Université de Paris I – Sorbonne Claudine Nédélec Université d’Arras Henk Nellen Institut Grotius, Pays-Bas Gianni Paganini Université de Vercelli, Italie Marco Penzi EHESS Katharina Natalia Piechocki New York University Fabienne Queyroux Bibliothèque de l’Institut de France Elena Rapetti Université de Milan Michèle Rosellini E.N.S.-L.S.H. de Lyon Anna-Lisa Schino Istituto della Encyclopedia Italiana Francesco Solinas Collège de France Hartmut Stenzel Université de Giessen, Allemagne Sylvie Taussig CNRS Françoise Waquet CNRS Philip Wolfe Allegheny College, USA
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